WAM : le magazine imaginé par Ramdane Touhami

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WAM : le magazine imaginé par Ramdane Touhami, un objet imprimé pensé contre les automatismes

WAM ressemble à une réponse directe à une question que beaucoup n’osent plus poser : à quoi sert un magazine papier, quand tout s’use en stories ? Ici, la page ne cherche pas la vitesse. Elle cherche la tenue. Dès son lancement en 2020, WAM s’affiche comme un rendez-vous annuel dense, avec environ 300 pages qui assument le temps long. Le projet porte une idée simple : remettre l’attention au centre, sans s’excuser d’être exigeant. Et ça, ça se sent dès les premières doubles pages, où la matière et la mise en scène guident l’œil.

Le magazine est piloté par Ramdane Touhami, connu pour ses trajectoires entre création, commerce, image et artisanat. Beaucoup l’associent à Officine Buly, cofondée avec Victoire de Taillac, mais WAM montre une autre facette : celle d’un éditeur qui décide de tout cadrer. Le ton revendique un côté égocentrique, presque un manifeste. Ce n’est pas un défaut caché. C’est une promesse assumée : les sujets sont choisis “selon Ramdane”, avec ses amitiés, ses obsessions, ses standards. Et c’est précisément ce parti pris qui rend l’objet cohérent.

Pour donner un fil conducteur concret, imagine Zoé, styliste et jeune maman, qui feuillette WAM pendant une sieste de son bébé. Elle ne cherche pas des “tendances” prêtes à recracher. Elle veut un moment de cerveau disponible, une parenthèse qui ne ressemble pas à un feed. WAM lui donne ça : des images posées, des interviews sans filtre, des pages qui laissent respirer le texte. Rien n’est là pour flatter l’algorithme. Tout est là pour construire une mémoire visuelle.

Le plus frappant reste le soin porté à la forme. WAM est souvent décrit comme une ode à la typographie, avec une précision qui échappe parfois aux non-initiés. Pourtant, même sans vocabulaire technique, le lecteur sent la différence : une lettre plus nette, un noir plus profond, des espacements qui rendent la lecture confortable. Comme en couture, la qualité saute aux yeux sans qu’on sache toujours nommer la couture anglaise. Et c’est là que WAM marque des points : il parle aux experts, sans exclure les curieux. ✨

Ce choix de l’objet n’est pas nostalgique. Il est stratégique. En 2026, la fatigue des écrans est devenue un sujet quotidien, y compris chez les parents. Le papier redevient un territoire de calme, presque un outil d’hygiène mentale. WAM s’inscrit dans cette recherche de “moins, mais mieux” : moins de flux, plus de densité. Résultat, le magazine se lit comme on visiterait un appartement très pensé : chaque pièce a sa logique, chaque détail a une intention.

Ce premier angle prépare naturellement le suivant : si WAM tient autant, c’est parce que sa fabrication et sa typographie ne sont pas des décorations, mais la colonne vertébrale du projet.

Typographie et fabrication de WAM : la signature Art Recherche Industrie et le goût du détail

Parler de WAM sans parler de typographie reviendrait à parler d’un défilé sans évoquer la coupe. Le magazine est lié à l’écosystème créatif de Art Recherche Industrie (ARI), où l’image, l’édition et la direction artistique fonctionnent comme un atelier. Dans cette logique, la lettre n’est pas un simple vecteur. Elle devient un élément narratif, au même niveau que la photo ou l’entretien. Le texte ne “remplit” pas la page : il l’organise.

Une partie de cette exigence passe par l’impression. Des sources évoquent la création d’une structure dédiée à l’impression typographique, pensée pour garder la main sur la chaîne et la finition. Pour le lecteur, ça se traduit par des sensations précises : un papier qui accroche un peu sous les doigts, des aplats qui ne bavent pas, des contrastes qui donnent une profondeur physique. 📌 Ce sont des détails que l’on ne “voit” pas toujours, mais que l’on ressent immédiatement.

Zoé, la styliste-maman, remarque vite un effet concret : WAM se feuillette sans stress. Les pages ne sont pas saturées d’informations. Les respirations typographiques font baisser la charge mentale. Les blancs, les marges, la taille des caractères, tout encourage une lecture posée. Un parent qui lit par tranches de cinq minutes apprécie ce confort : chaque reprise de lecture reste fluide, sans avoir à “se remettre dedans” pendant dix pages.

Papier vs écran : le match
CritèreWAMFeed Instagram
RythmeAnnuel, 300 pagesContinu, stories éphémères
LecturePose, respirations typographiquesRapide, saturée d'infos
Choix des sujetsSelon Ramdane, ses obsessionsSelon les algorithmes
EffetMémoire visuelle, calmeFatigue des écrans, stress

La mise en page comme discipline : quand le design impose un rythme

WAM adopte une grammaire visuelle stricte, mais jamais froide. Certains choix rappellent la presse de création où la maquette dicte un tempo. Une interview peut alterner blocs denses et pages plus aérées. Une photo peut arriver après une séquence de texte, comme une ponctuation. Cette orchestration sert une idée : l’attention du lecteur est précieuse. Elle mérite une mise en scène.

Un exemple concret aide à comprendre. Dans beaucoup de magazines, la publicité coupe l’élan. Ici, même les annonces semblent intégrées à l’univers. Ramdane Touhami apparaît lui-même dans des visuels, par exemple pour Birkenstock ou Gucci, ce qui brouille la frontière entre campagne et contenu. Ce choix fait réagir, parfois amuse, parfois agace. Mais il évite la sensation de “page vendue” qui tombe de nulle part. 💡 L’ensemble garde une cohérence d’auteur.

Tableau : repères simples pour reconnaître la patte WAM au fil des pages

Élément 👀 Ce que tu peux observer 📎 Effet sur la lecture 🧠
Typographie ✍️ Caractères dessinés ou choisis avec soin, contrastes nets Lecture plus stable, impression de sérieux sans rigidité
Papier 📄 Main plus “présente”, pages épaisses, textures perceptibles Lecture plus lente, sensation d’objet à garder
Maquette 📐 Marges assumées, alternance de densité et de respiration Moins de fatigue, reprise facile après interruption
Publicités 🧩 Visuels intégrés au récit, présence de Touhami dans certaines pages Moins de rupture, continuité d’univers

Ce soin de fabrication a un autre effet : il transforme WAM en objet qu’on laisse traîner volontairement. Sur une table basse, dans un salon, il devient une invitation. Même une personne qui ne lit pas d’habitude s’arrête sur une double page. Et dans une maison où les jouets s’empilent, ce genre d’objet “adulte” fait du bien : il rappelle qu’une vie culturelle peut cohabiter avec la parentalité.

Après la forme, une question arrive vite : qu’est-ce que WAM raconte, au fond, et pourquoi ce choix assumé de l’“égocentrisme” attire autant ?

WAM “égocentrique” : interviews sans filtre, amis fidèles et récit d’auteur

WAM se décrit comme “post-réseaux sociaux” et “égocentrique”. Dit comme ça, ça pourrait sonner comme une provocation. En réalité, l’idée est plus subtile : au lieu de prétendre parler au nom de tout le monde, le magazine assume un point de vue. Et ce point de vue, c’est celui de Ramdane Touhami, avec ses rencontres, ses goûts, et ses fidélités. Le lecteur n’achète pas une promesse d’objectivité. Il achète une subjectivité construite.

Cette démarche change la lecture des interviews. Elles ne cherchent pas la petite phrase faite pour circuler en ligne. Elles s’autorisent des détours, des silences, des tensions. On est proche d’une conversation entre personnes qui se connaissent. Ça crée un effet rare : le lecteur a l’impression d’être invité, pas ciblé. Et pour quelqu’un qui consomme déjà beaucoup de contenu “optimisé”, cette absence de calcul fait du bien. 🔥

Zoé, encore elle, repère un détail très concret : WAM ne donne pas l’impression de “faire la leçon”. Les magazines parentaux peuvent parfois moraliser, même quand ils parlent de mode ou de culture. Ici, pas de consignes. Pas de “bon choix” à imposer. Le magazine dit : voilà un univers, voilà des gens, voilà une esthétique. À toi de prendre ce qui résonne. Cette posture respecte l’intelligence du lecteur, et c’est assez rare pour être savouré.

Quand l’auteur devient aussi personnage : publicités, campagnes et mise en abyme

Le fait que Touhami apparaisse dans certaines pages publicitaires, notamment pour Gucci et Birkenstock, donne une clé de lecture. WAM ne sépare pas strictement création, commerce et image. Il les place sur la même scène, en assumant leur dialogue. Certains lecteurs y verront une liberté. D’autres, un ego mis en avant. Mais personne ne peut dire que le dispositif triche : l’auteur se montre, au lieu de se cacher derrière une neutralité de façade. 🎭

Ce choix rappelle des traditions éditoriales où la signature domine, comme certains magazines d’art ou de photographie. La différence, ici, est la clarté du pacte : WAM est “à la Touhami”, comme une collection de mode est “à la main” d’un directeur artistique. En mode, personne ne demande à une collection d’être neutre. WAM applique la même logique au journalisme créatif.

Liste : raisons concrètes pour lesquelles WAM se lit différemment (et pourquoi ça accroche) ✅

  • 🧷 Un point de vue assumé : pas de ton impersonnel, pas de consensus forcé.
  • 🗣️ Des entretiens directs : moins de langue de bois, plus de rythme oral.
  • 🎨 Une cohérence visuelle : texte, photo et maquette racontent la même histoire.
  • 🧠 Une lecture “par morceaux” possible : utile quand le quotidien est haché, surtout avec des enfants.
  • 🧵 Des détails d’édition : papiers, noirs, titrages, qui donnent envie de revenir.

Pour ancrer ça dans le réel : une lectrice peut ouvrir WAM au hasard, lire trois pages, le refermer, puis y revenir une semaine après sans se sentir perdue. C’est presque l’inverse d’un fil social, qui punit l’absence. Ici, l’absence est acceptée. Et ce simple point change l’expérience.

Cette liberté d’auteur amène naturellement une autre question : comment WAM se place-t-il dans la mode et la culture, sans devenir un magazine de tendances de plus ?

Inside USELESS FIGHTERS  Issue One

Une vidéo aide à saisir le ton “post-réseaux sociaux” et la mise en scène de l’auteur, souvent commentée.

WAM et la mode en 2026 : esthétique, casting d’amitiés et anti-tendance assumée

WAM parle de mode sans suivre la logique habituelle des “must-have”. Le magazine préfère les obsessions aux sélections. Il met en avant des personnes, des objets, des idées, souvent liées au réseau proche de son créateur. Ce choix peut surprendre. Pourtant, il colle à une réalité de 2026 : la tendance est devenue si rapide qu’elle se vide de sens. Les lecteurs cherchent des repères plus stables, presque des références de goût.

Dans cet esprit, WAM fonctionne comme une garde-robe pensée à long terme. Une garde-robe ne se résume pas à une liste d’achats. Elle raconte une vie, des usages, des saisons, des contraintes. Pour une lectrice qui jongle entre rendez-vous, école, travail et soirées rares, la mode utile n’est pas celle qui crie. C’est celle qui tient, qui accompagne, qui fait du bien. WAM n’édicte pas ce qu’il faut porter. Il met en circulation une idée du style comme langage personnel.

Zoé s’y retrouve parce que le magazine ne la prend pas pour une consommatrice pressée. Il lui rappelle qu’un vêtement peut être une décision douce : choisir une matière agréable, une coupe qui libère, une paire de chaussures qui marche longtemps. Quand WAM fait entrer Birkenstock dans son univers via une image incarnée, ce n’est pas juste un placement. C’est aussi un clin d’œil à une mode du quotidien, celle qui traverse la ville et la vie de famille sans se décomposer.

Le luxe comme détail, pas comme distance

La présence de Gucci, par exemple, n’est pas traitée comme un trophée. Elle s’insère dans un récit d’images et de typographie, comme un matériau de plus. Dans beaucoup de médias, le luxe sert à créer de la distance. Ici, il sert à fabriquer une atmosphère. La différence est nette : l’image ne dit pas “regarde comme c’est cher”. Elle dit “regarde comme c’est composé”. 💎

Ce glissement est intéressant pour des lectrices qui aiment la mode mais refusent la pression. WAM ne joue pas le jeu du “tu dois”. Il préfère le “tu peux regarder”. Et ça change tout quand on a déjà mille injonctions par jour.

Un magazine annuel : un rythme qui ressemble à la vraie vie

Le choix d’un rythme annuel a aussi un sens culturel. La mode vit au rythme des saisons, mais le quotidien parental ne suit pas toujours ce calendrier. Un magazine annuel agit comme un album : on y revient, on le prête, on le garde. Il a le droit de vieillir. Et il gagne même à vieillir, parce que ses pages sont moins dépendantes de l’actualité chaude.

Un exemple concret : Zoé peut lire WAM pendant l’été, puis le ressortir en hiver. Elle ne se dira pas “c’est périmé”. Elle se dira “j’avais oublié cette photo” ou “cet entretien me parle plus maintenant”. Cette temporalité rejoint celle des beaux livres, sans perdre le ton magazine. 📚

À ce stade, une dernière pièce s’impose : comment WAM se diffuse et se regarde, entre réseaux, plateformes vidéo et désir d’objet ?

Words Sounds Colors & Shapes - a context store by Ramdane Touhami

Ce type de contenu vidéo permet de mieux saisir l’univers ARI, la direction artistique et la place de la typographie.

Où trouver WAM et comment le vivre : librairies, collection, et usage au quotidien

WAM se vit comme un objet que l’on choisit, pas comme un lien cliqué par hasard. Le magazine circule via des circuits proches de l’édition indépendante et du design, là où l’on feuillette avant d’acheter. Cette manière de rencontrer l’objet compte autant que son contenu. Feuilleter, sentir le papier, regarder la densité des pages : tout ça fait partie de l’expérience. 🛍️

Pour une lectrice, l’achat peut ressembler à un petit rituel. Zoé passe en librairie un samedi. Elle a vingt minutes pendant que l’autre parent gère le goûter. Elle tombe sur WAM, l’ouvre, et comprend en dix secondes si elle a envie de cette compagnie-là. Ce test rapide, le papier le rend possible. En ligne, tout se ressemble. En rayon, un magazine qui a du caractère se repère tout de suite.

Le magazine comme “temps à soi” quand on est parent

WAM n’est pas un magazine parental, et c’est justement ce qui le rend utile dans une vie de parent. Il ramène autre chose que des conseils. Il ramène une sensation d’adulte, de goût, de culture. Quand la journée est remplie de listes, un objet comme celui-ci rappelle que l’esthétique n’est pas superficielle. Elle peut calmer, inspirer, redonner de l’élan.

Concrètement, WAM se prête bien à des micro-moments : dix minutes avant de dormir, une page pendant un trajet, deux interviews le dimanche matin. Chaque fragment a une densité qui récompense l’attention. Et comme l’objet est solide, il supporte la vie réelle : on le pose, on le reprend, on le laisse sur une étagère sans qu’il se dégrade vite.

Des repères pratiques pour l’intégrer à sa routine, sans pression

Voici une manière simple de l’utiliser, comme on utiliserait un beau carnet d’images. L’idée n’est pas de “tout lire”, mais de créer des accroches personnelles. Quand un magazine est pensé comme un ensemble cohérent, le lecteur a le droit de circuler librement.

  • 🕰️ Choisir un créneau fixe : par exemple le dimanche matin, même 15 minutes.
  • 📎 Marquer des pages : une photo, une typo, une phrase qui donne une idée de stylisme.
  • 🎁 Le prêter : à une amie qui aime la mode, ou à un collègue sensible au design.
  • 🧺 Le laisser visible : table basse ou étagère, pour y revenir sans y penser.
  • ✂️ Travailler avec : moodboard, références de mise en page, inspirations de couleurs.

WAM se situe à la frontière entre magazine, livre et objet graphique. Cette position hybride explique sa place dans les intérieurs et les sacs. Il accompagne une vie culturelle sans demander un effort disproportionné. Et au fond, c’est peut-être ça le plus séduisant : un format qui respecte ton temps, tout en nourrissant ton regard. 🌿

Les questions qui dérangent

Faut-il être calé en typographie pour lire WAM ?

Pas du tout. La qualité saute aux yeux même sans vocabulaire technique. On sent juste que les pages respirent, que les marges sont pensées.

WAM sort tous les combien ?

Une fois par an, avec environ 300 pages à chaque numéro. C'est un objet qui prend son temps.

C'est pour qui, ce magazine ?

Pour les curieux et les exigeants, pas seulement pour les pros de l'image. Ramdane Touhami choisit les sujets selon ses envies, et ça crée un ensemble cohérent.

Le papier a encore un avenir face aux écrans ?

Le magazine parie que oui, surtout dans un monde saturé de stories. WAM se présente comme une pause, un espace de calme où on lit lentement.

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4 commentaires

  1. Enfin un magazine qui prend le temps, loin des stories éphémères. Un vrai bel objet à feuilleter pendant la sieste.

  2. Enfin un papier qu’on a envie de garder, pas de scroller. La matière et le temps long, ça me parle.

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